La chasteté masculine au sein du couple présente de nombreux avantages, mais connaissez-vous l’explication scientifique derrière celle-ci ? Dans cet article, nous allons explorer la relation entre le cerveau, l’orgasme et la chasteté masculine. Cela peut vous aider à répondre à certaines questions que vous vous posez concernant la chasteté masculine ; ou bien mener des recherches qui vous permettront d’explorer la chasteté masculine de façon nouvelle et profonde. Du reste, réduire la chasteté au déni d’orgasme est simpliste et ne reflète pas ce qu’elle est dans son ensemble.

Cet article est rédigé à partir du billet « Male Chastity – Pleasure and Devotion, the Science Behind It [1]»

J’ai eu quelques lectures sur la science concernant le sexe, en m’intéressant plus particulièrement aux études sur l’orgasme. J’ai cherché des réponses à bon nombre de questions au sujet de ma propre réaction à la chasteté par exemple :

  • Comment expliquer que je sois de si bonne humeur pendant mes périodes de chasteté ?
  • Quand j’ai un orgasme, pourquoi est-il si intense, dure longtemps et est tellement différents de ceux d’avant ?
  • Pourquoi je ressens cet intense sentiment de dévotion envers ma femme, cherchant à l’aider et à la servir ?
  • Quel est la raison pour laquelle je perds cette intense dévotion avec l’orgasme ? Et, pourquoi me faut-il plusieurs jours, voir semaine, pour retrouver le même niveau de dévotion qu’avant l’orgasme ?
  • Comment expliquer que ma femme soit bien plus enthousiaste quand nous faisons l’amour qu’avant mon expérience de la chasteté ?
  • Pourquoi ma femme me semble de bien meilleure humeur qu’auparavant, prête à de nouvelles expériences, plus intime et plus espiègle même si ne faisons pas l’amour ?

J’ai gardé ces interrogations en tête, sans vraiment y avoir cherché des réponses jusqu’au jour où j’ai décidé de m’y intéresser sérieusement. J’étais décontenancé par ce mystérieux relâchement post-orgasmique conduisant au repli sur soi après l’amour. Cette fameuse « déprime post éjaculatoire » qui mettait toujours un terme provisoire à ma dévotion envers ma femme. Cela a attisé ma curiosité. Pourquoi cette dévotion ne passe jamais l’obstacle de l’orgasme et ne dure-t-elle pas en permanence ?

La perte de dévotion après l’orgasme

Un jour j’ai découvert un excellent blog, MaleChastityBlog.com, écrit par Sarah Jameson. C’est une mine de bons conseils, de sagesse et de retour d’expérience sur la chasteté masculine ; qu’elle pratique en couple, avec son mari, depuis de nombreuses années. Elle y décrit l’augmentation progressive des durées entre les orgasmes de son mari, John. D’un orgasme mensuel, à ensuite un tous les trois ou quatre mois, puis tous les sept mois ; jusqu’à envisager prolonger jusqu’à un an ou plus… Avec au final, l’éventualité d’une interdiction définitive d’orgasme !

Sarah a également écrit un livre sur la chasteté masculine « Be Careful What You Wish For » (Faites attention à ce que vos désirez). Une superbe compilation de ses pensées, expériences et conseils pour savoir si la chasteté masculine est pour vous. Elle donne également de nombreux conseils pour vous aider à l’introduire dans votre couple.

Un point qu’elle aborde est sa réflexion sur son intention de prolonger la durée de la chasteté de son mari. Son raisonnement est logique, mathématique. Elle a observé que son mari perdait toute dévotion et désir après un orgasme, et qu’il lui fallait entre 7 à 10 jours d’abstinence pour les retrouver. Donc, en le libérant une fois par mois, ils perdaient entre 3 à 4 mois par an de dévotion. Inacceptable !

Ce constat de « perte de dévotion » après l’orgasme et de l’état euphorique pendant la chasteté coïncidait avec ma propre expérience. Je me suis donc interrogé ; quelle serait la meilleure durée de chasteté pour moi ? Au cours de ma propre expérience, ma plus longue période sans orgasme était de 18 jours ; et, je me souviens de mon empressement à l’idée d’une libération. Je me suis demandé si je devais — et comment le faire — prolonger ces périodes ?

Le rôle des hormones dans la sexualité

J’ai commencé mes recherches en essayant de comprendre les changements d’humeur qui se produisaient après un orgasme. Et, plus particulièrement, après une longue période de chasteté. À force de me documenter, j’ai compris que l’humeur des humains dépendait de la présence, de la concentration ou de l’absence de certaines hormones.

Les mécanismes biochimiques sont bien connus. Et, ils fournissent toutes les réponses non seulement sur le changement d’humeur, d’attitude lié à la chasteté ; mais également à bien d’autres questions auxquelles je n’avais pas pensé.

Il existe plusieurs de ces neurotransmetteurs impliqués dans le conditionnement de nos comportements. Mais, les trois dominants qui gèrent la sexualité et l’orgasme sont : la dopamine, la prolactine et l’ocytocine. Le quatrième facteur qui rentre en compte est la concentration de ces trois hormones, en particulier la dopamine.

Expliquons maintenant le rôle de ces trois acteurs hormonaux, ainsi que les effets sur notre corps.

  • La dopamine

La dopamine sert à renforcer des comportements tels que l'alimentation et joue un rôle dans la motivation en fonctionnant sur une sorte de système de récompense
Molécule de dopamine

C’est l’hormone qui provoque le sentiment de plaisir lorsqu’on pratique certaines activités. Par exemple, l’excitation sexuelle, la bonne nourriture, le sport, les jeux d’argent ou faire du shopping. La consommation de médicaments ou de drogue peut augmenter le taux de dopamine dans le centre de récompense du cerveau.

Un niveau élevé de dopamine est ressenti par le cerveau comme du plaisir ; et plus ce niveau monte, plus le plaisir est intense. Le plaisir intense de l’orgasme est le résultat d’un flux soudain de dopamine sécrétée dans le « centre de récompense » de notre cerveau.

  • La PROLACTINE, hormone de la satiété

Pour ainsi dire, c’est une sorte de frein sur le niveau et la durée de l’effet de la dopamine et de l’ocytocine. Son niveau reste stable dans le cerveau excepté après un flot soudain de dopamine et d’ocytocine. Comme, lors d’un orgasme. Le taux élevé demeure dans le cerveau pendant une à deux semaines, inhibant de fait la libido masculine.

  • L’OCYTOCINE, hormone des câlins

Lorsque son niveau est élevé, elle produit le plaisir du sentiment amoureux et de la connexion entre deux êtres, du rapprochement, dévotion et protection. C’est le premier facteur de la constitution d’un couple. Un flash d’ocytocine est produit pendant l’orgasme et est responsable du sentiment amoureux. En moins d’une heure ce taux est largement en dessous du niveau qu’au début de l’excitation sexuelle. Chez les femmes, ce taux décroît plus lentement en atteignant son niveau normal en quelques heures sans jamais plonger en dessous de ce niveau.

En plus de l’orgasme, l’autre façon de faire monter le taux d’ocytocine est le contact, les caresses. Pas nécessairement de manière sexuelle, rien que le simple fait de se tenir la main va faire monter le taux chez la femme et l’homme. Quand le niveau d’ocytocine est réduit au niveau normal ou en dessous, malgré l’impression de réduction du sentiment d’affection, le souvenir de ce sentiment perdure. C’est ce souvenir qui fournit la base d’une relation à long terme et qui permet de surmonter l’effet de marée montante et descendante du taux de dopamine et de prolactine.

  • L’accoutumance

Le quatrième facteur qui rentre en compte est le niveau de concentration des récepteurs hormonaux. En particulier ceux de la dopamine.

Prenons l’exemple d’un homme qui se masturbe souvent. Lors de l’éjaculation, son cerveau est inondé par une sécrétion importante de dopamine qui procure cette sensation de plaisir et de soulagement. Or, les récepteurs développent une tolérance, une réponse « engourdie » au plaisir. Alors, le même flash de dopamine n’est plus perçu avec la même satisfaction. En conséquence, un accro à la masturbation aura besoin de se masturber plus fréquemment pour ressentir le même plaisir. À contrario, un homme ayant des orgasmes moins fréquents ressentira un plus grand plaisir. En effet, il aura comparativement une plus grande concentration de récepteurs hormonaux.

  1. SecretChastityHusband Lien (en)

3 Commentaires

  1. Bonjour,

    J’ai trouvé l’article très intéressant. Merci beaucoup.
    Cela apporte un élément scientifique (à la portée de chacun) à ce que j’ai pu constater par moi-même [à quelques écarts près (en particulier sur les durées, et qui doivent bien naturellement dépendre de chaque personne d’un point de vue physiologique…)].

    J’ai quelques questions par ailleurs …
    – Est il possible d’améliorer le taux d’ocytocine (d’un point de vue naturel (alimentation…) et/ou médicamenteux) ?
    – Par ailleurs, est ce qu’un orgasme ruiné (pour un homme) a un impact sur l’afflux de prolactine par rapport à un orgasme abouti ?

    je vous remercie par avance,

    Andrea (Homme, 45 ans)