Je reçoit pas mal de question de femmes qui s’interroge au sujet de la masturbation masculine au sein du couple. Au lieu de répondre individuellement à chacune j’ai rédigée ce billet pour apporter mon point de vue.

Je viens de surprendre mon mari en train de se masturber sous la douche, je me sens assez mal. Je ne sais pas quoi penser. Aidez-moi !

Je voudrais vous parler de quelque chose que je n’arrive pas à comprendre et encore moins à accepter, j’ai découvert que mon mec se branle en regardant toutes sortes de vidéos pornos et oui même quand je suis là. Ce qui me fait le plus mal, ce qui me choque est que je suis toujours partant pour faire l’amour. Il sait que je suis assez ouverte en ce qui concerne notre sexualité. […] Je ne sais plus quoi penser. Comment faire pour accepter cela ?

Masturbation : un homme qui branle son pénis circoncis
Le plaisir solitaire est une pratique répandue : 97 % des hommes l’ont pratiqué au cours de leur vie.

Ceci est le témoignage de deux femmes parmi tant d’autres. Pour une jeune femme ou une femme qui découvre que son petit-ami (copain, mari, amant, partenaire, peut importe comment vous l’appelez) pratique l’onanisme, cela peut être une expérience déconcertante. Il suffit de taper « mon copain se masturbe » dans votre moteur de recherche pour tomber sur une profusion de messages de femmes qui s’interroge sur cette pratique. Certaines ne comprennent pas, d’autres n’acceptent pas, parfois elles se sentent trahies, écœurées, vexées…

Je vous conseille d’en discuter avec votre partenaire. Le sujet peut être délicat à aborder. Choisissez le moment opportun. Prenez le temps de lui faire comprendre votre ressentie même s’il y a des sentiments qu’on ne peut exprimer avec des mots. Demandez-lui qui s’explique. Cet acte est difficilement justifiable pour un homme, il aura tout le mal du monde à vous fournir une explication valable. Il vous servira des réponses toutes faites, qui se résumeront à « j’étais excité », « c’est normal, tous les mecs font ça », « j’en avais envie ».

N’ayant pas obtenu de réponse satisfaisante de votre partenaire, vous en parlerez à une amie ou vous vous rabattrez sur internet, où les sites pour justifier la masturbation pullulent.

LES RAISONS INVOQUÉES POUR JUSTIFIER LA MASTURBATION MASCULINE DANS LE COUPLE

Une réponse qui revient de façon récurrente lorsqu’on aborde la problématique de la masturbation masculine au sein d’un couple est :

C’est normal (c’est naturel), tous les mecs font ça.

Mais qu’est-ce que la normalité, et particulièrement dans le couple ? Normal, veut-il dire banal ? Ou comme les autres, quels autres et comment vivent-ils eux ? Les notions de « normal » et de « naturel » sont difficiles à intégrer dans la dynamique de la recherche de l’harmonie d’un couple, harmonie qui se réfléchit, qui s’apprend, qui s’installe tout au long de la vie du couple. La normalité n’est pas dans l’harmonie, elle n’est pas non plus dans le chemin qui y conduit. La normalité est simplement dans la prise de conscience de ce phénomène. Il est normal que je pense que le but que je veux atteindre est unique et original. Mon couple est unique et original.

De plus l’affirmation que tous les hommes se masturbent est fausse. Certes, la masturbation masculine est une pratique courante et répandue, plus de 90 % des hommes ont connu au moins une fois cette activité à un moment ou à un autre dans leur vie et en ce qui concerne les hommes en couples 62 % la pratiqueraient de manière régulière.

Beaucoup justifieront la masturbation d’un homme en couple par « Cela lui permet de mieux connaitre son corps ».

La masturbation est effectivement une manière d’explorer son corps. C’est ce qui se passe chez un bébé lors qu’il s’amuse à tirer sur son zizi en érection. Il est en pleine phase d’éveil et d’exploration de son corps. À l’adolescence, quand la puberté s’en mêle, de nombreux changements vont intervenir. Le développement des organes génitaux, les érections plus fréquentes et les premières éjaculations… La masturbation est un moyen de découvrir ce nouveau corps et de découvrir les plaisirs du sexe. La masturbation est généralement le premier acte sexuel d’un garçon.

Mais à 20 ans ou plus tard, le garçon qui est devenu un homme connait son corps. La masturbation est surtout un moyen facile et rapide pour lui de jouir.

Y’a pas de mal à se faire du bien. Les hommes se masturbent parce que c’est bon. C’est une façon d’arriver vite au plaisir, de la manière qu’ils connaissent le mieux, sans avoir à s’occuper de l’autre, sans objectif de performance.

Pensez-vous qu’une partie solitaire avec madame cinq doigts est anodin ? Croyez-vous qu’il est normal qu’un homme fasse quelque chose qui blesse sa partenaire ?

Dans cette justification on peut relever :

  • une façon d’arriver vite au plaisir : nous en reparlerons plus tard.
  • de la manière qu’ils connaissent le mieux : n’est-il pas plus enrichissant d’explorer et de découvrir de nouvelles manières de parvenir au plaisir ? Il est vrai qu’en appliquant une « recette » qui fonctionne on se garantit de parvenir à l’orgasme, jusqu’au jour où elle devient une routine lassante. Qu’en est-il de vos rapports, il joue la carte de la sécurité ou fait-il preuve parfois de créativité ?
  • sans avoir à s’occuper de l’autre : est-ce une tare de s’occuper (et de se préoccuper) de l’être aimé dans un couple ? Au lieu de séduire, de donner envie à sa partenaire, l’homme préfère s’adonner à sa basse besogne tous seul dans son coin pour en tirer un plaisir solitaire, égoïste. Cela va à l’encontre des principes d’un couple uni par des liens amoureux et affectifs.
  • sans objectif de performance : sans parler nécessairement de performance dans un couple uni par de profonds liens affectifs et amoureux, les relations sexuelles sont l’occasion de partager un moment intime dans lequel la femme et l’homme donneront chacun le meilleur d’eux même pour que leurs rapports sexuels soient les plus plaisants et les plus satisfaisants. Qu’en est-il pour un mec qui pratique la masturbation, aussi appelé le plaisir solitaire ? Se soucie-t-il vraiment de ses performances ? Se préoccupe-t-il du plaisir qu’il donne à sa partenaire ?
C’est un besoin physique, d’après de nombreux sites. Pour résumer rapidement, l’homme produit tout au long de sa vie des spermatozoïdes. La capacité de stockage étant limités, et en l’absence de relations sexuelles suffisantes il doit se masturber pour expulser « l’ancien » sperme afin de laisser la place à celui qui est « frais ». De plus lors de l’excitation la production de sperme est accélérée provoquant, si celle-ci n’aboutit pas à une éjaculation, à la congestion des testicules (boules bleues) provoquant des gonflements des testicules et une douleur insupportable.

La production continue des spermatozoïdes s’appelle la spermatogenèse, ce processus débute à la puberté, atteint son maximum vers 20-30 ans, ralentit progressivement vers la quarantaine, mais peut se poursuivre jusqu’à un âge avancé. La durée de fabrication d’un spermatozoïde est environ 74 jours. Même dans le cas d’une excitation intense ses boules ne seraient pas saturées immédiatement.

De plus, Dame Nature a, à peu près, bien faite les choses, il n’existe aucune justification pour un homme de recourir à la masturbation pour réguler son stock de spermatozoïdes. La production est autorégulée par les hormones qui ne permettent pas la production excessive de spermatozoïdes. Ajoutons à cela qu’un homme qui n’aura pas d’éjaculations « provoquées » aurait des « émissions nocturnes », appelées aussi pollution nocturne, autrement dit des éjaculations involontaires qui se produiraient pendant son sommeil.

C’est un moyen de décompresser. Pour certains hommes, la masturbation est aussi assez souvent utilisée comme un anxiolytique : chez un homme stressé, elle permet de faire baisser le niveau d’anxiété de manière naturelle et extrêmement efficace. Et, elle est bien moins dangereuse que les médicaments tranquillisants, le tabac ou l’alcool ! Entre nous, à choisir entre un loulou qui se paluche de temps à autre pour se calmer et un autre qui picole pour faire retomber le stress, vous prenez lequel ?

Lors de l’orgasme, différentes hormones sont libérées naturellement dans l’organisme. Elles contribuent au plaisir, à la relaxation, à l’augmentation de la confiance, à l’attachement romantique, à la socialisation… On pourrait penser qu’un orgasme provoqué par masturbation est identique à un orgasme obtenu lors d’une relation sexuelle avec un partenaire. Or dans une étude menée par le Dr Stuart Brody et Tillman Kruger il a été constaté que lors d’un rapport sexuel il y a quatre fois plus d’hormones sécrétées que lors de la masturbation. Mais surtout, ils ont montré qu’il existe un important déséquilibre entre les hormones sécrétées dans un orgasme masturbatoire, avec une présence très élevée de dopamine. La dopamine est libérée par notre cerveau lors d’expérience associée au plaisir, en particulier lors de la consommation de drogues ou lors du plaisir sexuel. Elle joue un rôle dans les addictions.

De plus, un homme « sous pression » qui pratique la masturbation comme un moyen anxiolytique n’est pas dans un schéma de construction de recherche du plaisir sexuel. Son objectif dans ce cas, pour parler crument, est de cracher le plus rapidement pour faire baisser la pression. Il faut bien comprendre que ce n’est pas le fait de s’être vidé qui procure cette sensation d’apaisement, mais que c’est l‘éjaculation qui provoque une sécrétion importante de dopamine qui envahit le cerveau et lui procure cette sensation de soulagement et de plaisir. Nous l’avons déjà évoqué la dopamine joue un rôle dans les addictions.

Cette habitude de masturbation est dommageable pour l’homme. En cas de stress il est capable de jouir très rapidement, à peine une dizaine de secondes suffisent pour déclencher l’éjaculation. De plus avec la dopamine qui intervient le cerveau associe ces « masturbations rapides » à une véritable construction de recherche du plaisir sexuel et conditionne l’homme à éjaculer rapidement. Si votre mec est un branleur expéditif, ne vous étonnez pas qu’il soit aussi un éjaculateur précoce incapable de fournir du plaisir lors d’une pénétration.

Bien que la masturbation masculine est réputée pour ses vertus apaisantes, y avoir recours de manière exagérée et compulsive dénote certainement une hyper nervosité ou un tempérament anxieux. Dans ce cas, se branler devient peut-être un symptôme de mal-être qu’il ne faut pas sous-estimer.

Pourtant il existe un moyen sain de se faire plaisir et de faire retomber la pression, une occupation qui délivre les mêmes hormones que lors d’un orgasme dans un rapport sexuel : l’effort physique intense. Au lieu de gâcher son temps et de ruiner des mouchoirs en papier à se tripoter la nouille votre mec ferait certainement mieux de s’engager dans une activité sportive. Un effort qui contribuera à le garder en bonne santé, physique et morale, et aussi à transformer son bide en quelque chose de plus viril et sexy.

2 Commentaires

  1. Après un an de cage de chasteté, elle m’a avoué que ça l’agaçait particulièrement que je me masturbe seul, et que maintenant, la cage l’avait rendue sereine et plus sûre d’elle.
    De son côté, elle, elle n’a pas arrêté de se masturber seule pour autant … mais ça ne m’agace pas, au contraire !

  2. Pour un adolescent en pleine découverte de la sexualité, il y a une action qui devrait être faite au moins deux ou trois fois dans sa vie pré-sexuelle. Elle coûte un peu cher si elle est pratiquée exclusivement ou si la fréquence de masturbation est plus que bihebdomadaire. Elle consiste à éjaculer dans un préservatif. Cela a un double avantage. Le premier est d’être un as de l’enfilage. Trouver immédiatement le bon côté, avoir la position idéale des doigts pour dérouler le latex, défaire correctement l’emballage. Tout ce qu’il restera à faire ensuite sera de trouver la personne avec qui partager ce savoir. Le second avantage est la propreté. Toutes les émissions partent dans le petit sac en latex. Il suffit ensuite de faire un nœud, ce qui nous fait revenir à la pédagogie, puisqu’un préservatif doit être noué pour éviter que d’autres personnes n’entrent en contact avec le sperme potentiellement contaminé. Cela aura également un avantage non négligeable, mais un peu tordu. Si le garçon a le courage d’égarer un préservatif rempli, puis noué, trainer dans sa chambre, ses amis auront pendant quelques instants l’impression qu’il a quelqu’un dans sa vie. Mais, rapidement après, ils réaliseront que c’est impossible et trouveront notre garçon un peu dégoûtant.

    Ce texte est un extrait du billet « De la détresse du branleur après la branlette et de la masturbation en général » d’Alphoneix